CSRD
CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) est la directive européenne qui harmonise et fiabilise le reporting de durabilité des entreprises, en remplacement de la NFRD.
Définition
La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) - en français « directive sur la publication d’informations en matière de durabilité », ou plus simplement « directive reporting de durabilité » - encadre la publication d’informations de durabilité par les entreprises européennes. Adoptée fin 2022 et entrée en application progressive à partir du 1er janvier 2024, elle remplace la précédente directive NFRD (Non-Financial Reporting Directive), transposée en France par la déclaration de performance extra-financière (DPEF). Son ambition : faire du reporting de durabilité une information aussi fiable, comparable et vérifiée que l’information financière.
Concrètement, la CSRD impose un cadre commun - les standards ESRS - et un périmètre d’information bien plus large que la NFRD, couvrant l’ensemble des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Pour la fonction achats, elle est déterminante : une grande partie des impacts d’une entreprise se situe dans sa chaîne de valeur, donc chez ses fournisseurs. La CSRD place ainsi la durabilité au cœur de la relation fournisseur et du pilotage de la performance .
Ce que change la CSRD par rapport à la NFRD
La NFRD (2014) ne concernait que les très grandes entreprises et laissait une large liberté de format, ce qui rendait les rapports difficilement comparables. La CSRD corrige ces limites sur trois points. Elle élargit le périmètre des entreprises concernées. Elle standardise le contenu via des normes obligatoires, les ESRS. Et elle introduit une vérification par un tiers indépendant (auditeur ou organisme accrédité), ainsi qu’un format numérique balisé permettant l’exploitation automatique des données. Le reporting de durabilité quitte ainsi le registre de la communication volontaire pour entrer dans celui de l’obligation contrôlée.
Le principe de double matérialité
La CSRD repose sur la double matérialité, qui oblige l’entreprise à analyser ses enjeux de durabilité sous deux angles. La matérialité d’impact examine les effets de l’activité de l’entreprise sur l’environnement et la société. La matérialité financière examine, à l’inverse, comment les enjeux ESG créent des risques ou des opportunités pour l’entreprise elle-même. Un enjeu est « matériel » dès qu’il est significatif selon l’un ou l’autre de ces axes. Cette analyse détermine quels indicateurs l’entreprise devra effectivement publier.
Les standards ESRS
Les ESRS (European Sustainability Reporting Standards) sont les normes techniques qui précisent les informations à publier. Élaborés par l’EFRAG et adoptés par la Commission européenne, ils couvrent des thèmes environnementaux (climat, pollution, eau, biodiversité, économie circulaire), sociaux (effectifs propres, travailleurs de la chaîne de valeur, communautés, consommateurs) et de gouvernance. Leur révision, engagée dans le prolongement de l’Omnibus, a été adoptée par la Commission européenne le 3 juillet 2026 : les ESRS simplifiés réduisent fortement le nombre d’indicateurs obligatoires et s’appliquent aux exercices ouverts à compter de 2027, avec une application anticipée possible dès 2026.
Qui est concerné depuis l’Omnibus - seuils et calendrier 2026
Le paquet de simplification Omnibus , entré en vigueur le 18 mars 2026, a fortement relevé les seuils d’application : sont désormais visées les entreprises de plus de 1 000 salariés réalisant plus de 450 M€ de chiffre d’affaires, ce qui réduit d’environ 80 % le nombre d’entreprises soumises à l’obligation. Une directive « stop-the-clock » avait par ailleurs reporté de deux ans l’échéance des vagues suivantes. Les premières grandes entreprises (déjà soumises à la NFRD) publient leur rapport depuis 2025 sur les données 2024 ; les vagues suivantes débutent à partir de 2028 sur les données 2027. La transposition nationale des nouveaux seuils est attendue pour mars 2027.
CSRD et achats : l’effet de ruissellement sur les fournisseurs
Même réduite, la CSRD continue d’irriguer toute l’économie par la chaîne de valeur. Pour renseigner leurs émissions indirectes (Scope 3) et les conditions sociales de leur amont, les entreprises soumises sollicitent des données auprès de leurs fournisseurs, y compris non assujettis. L’Omnibus encadre toutefois ces demandes : une grande entreprise ne peut exiger d’un fournisseur de moins de 1 000 salariés davantage que ce que prévoit le VSME (Voluntary Standard for SMEs), le standard volontaire allégé conçu pour les PME, toute clause contraire étant sanctionnée. Pour un acheteur, anticiper et structurer cette collecte de données fait désormais partie intégrante de la démarche d’engagement des fournisseurs .