ESRS
ESRS (European Sustainability Reporting Standards) : les normes européennes qui précisent les informations de durabilité à publier par les entreprises soumises à la CSRD.
Définition
Les ESRS (European Sustainability Reporting Standards) sont les normes européennes qui donnent son contenu concret au rapport de durabilité exigé par la CSRD : elles précisent, sujet par sujet, les informations environnementales, sociales et de gouvernance que les entreprises concernées doivent publier. Élaborées par l’EFRAG, le groupe consultatif européen sur l’information financière et extra-financière, elles ont été adoptées par la Commission européenne en juillet 2023 et s’appliquent depuis l’exercice 2024.
Si la CSRD fixe le « qui » et le « quand » du reporting de durabilité, les ESRS en sont le « quoi » : c’est dans ces normes que se trouvent les indicateurs à renseigner - dont beaucoup concernent la chaîne d’approvisionnement, ce qui en fait un sujet très concret pour les directions achats.
Ce que contiennent les ESRS : deux normes transverses, dix normes thématiques
Le référentiel compte douze normes. Deux normes transverses s’appliquent à toutes les entreprises : ESRS 1 pose les principes généraux, ESRS 2 les informations générales à publier (gouvernance, stratégie, gestion des impacts, risques et opportunités). Dix normes thématiques couvrent ensuite l’environnement (changement climatique, pollution, eau et ressources marines, biodiversité, économie circulaire), le social (effectifs de l’entreprise, travailleurs de la chaîne de valeur, communautés affectées, consommateurs) et la gouvernance (conduite des affaires).
La double matérialité, principe directeur
Une entreprise ne renseigne pas les douze normes en bloc : elle publie les informations jugées matérielles à l’issue de son analyse de double matérialité. Un sujet est matériel s’il est significatif dans un sens ou dans l’autre : parce que l’activité de l’entreprise a un impact important sur lui (matérialité d’impact), ou parce qu’il fait peser un risque ou une opportunité économique sur l’entreprise (matérialité financière). Cette analyse structure tout le rapport de durabilité.
Qui doit les appliquer, selon quel calendrier
Le périmètre est celui de la CSRD, fortement resserré par le paquet Omnibus : sont visées les entreprises de plus de 1 000 salariés réalisant plus de 450 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les premières grandes entreprises publient selon les ESRS depuis 2025, sur leurs données 2024 ; les vagues suivantes suivront à partir de 2028, sur les données 2027.
La révision de 2026 : des normes recentrées et allégées
Dans le prolongement de l’Omnibus, les ESRS ont été profondément simplifiées (nouvelle fenêtre) . L’EFRAG a remis son avis technique sur les normes révisées le 3 décembre 2025, et la Commission a publié son projet d’acte délégué le 6 mai 2026 : environ 61 % de points de données obligatoires en moins, suppression des informations volontaires du corps des normes, exigences recentrées sur l’essentiel. Les principes fondamentaux - double matérialité, structure en douze normes - sont préservés. L’application des normes révisées est prévue au 1er janvier 2027, avec une application anticipée possible dès l’exercice 2026.
Ce que les ESRS impliquent pour les achats
Plusieurs normes regardent directement vers l’amont : le volet climat couvre les émissions de la chaîne de valeur (le Scope 3, dont l’essentiel provient des achats), et une norme sociale entière est consacrée aux travailleurs de la chaîne de valeur. Les entreprises soumises doivent donc collecter des données auprès de leurs fournisseurs - questionnaires, bilans d’émissions, indicateurs sociaux - et ces sollicitations redescendent la chaîne bien au-delà des seules entreprises assujetties. La CSRD révisée encadre toutefois cet effet cascade : les informations exigibles des fournisseurs de moins de 1 000 salariés sont plafonnées par référence à un standard volontaire allégé. Pour une direction achats, anticiper ces demandes fait désormais partie de la relation fournisseurs .