Omnibus
Omnibus désigne le paquet législatif européen adopté en 2025-2026 qui simplifie et allège les obligations de durabilité des entreprises (CSRD, CS3D, taxonomie, CBAM).
Définition
L’Omnibus - « paquet Omnibus », parfois « directive Omnibus » - désigne un ensemble de mesures législatives adoptées par l’Union européenne en 2025-2026 pour simplifier et alléger les obligations de durabilité des entreprises. Son premier volet, dit Omnibus I, modifie simultanément plusieurs textes majeurs : la CSRD, la CS3D, la taxonomie verte et le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM).
Le terme « omnibus » désigne précisément ce type de texte qui en amende plusieurs d’un coup. Présenté par la Commission européenne le 26 février 2025 au nom de la compétitivité, le paquet réduit fortement le nombre d’entreprises soumises aux obligations de durabilité. Pour la fonction achats, il modifie le périmètre des assujettis tout en maintenant la vigilance sur les fournisseurs .
Un paquet de simplification
L’Omnibus s’inscrit dans une volonté de réduire la charge réglementaire pesant sur les entreprises européennes, dans la lignée des débats sur la compétitivité du continent. Plutôt que de réécrire chaque directive séparément, l’Union a choisi un texte unique amendant en bloc les principales réglementations de la finance durable adoptées les années précédentes.
Ce que l’Omnibus modifie
Pour la CSRD, les seuils sont relevés à plus de 1 000 salariés et 450 M€ de chiffre d’affaires, les PME cotées sont définitivement exclues, et le nombre d’entreprises concernées chute d’environ 80 %. Pour la CS3D, le devoir de vigilance est maintenu mais recentré sur les fournisseurs directs, avec des seuils relevés et la suppression du régime de responsabilité civile harmonisé. La taxonomie verte voit ses critères techniques simplifiés, et le CBAM est allégé par des exemptions pour les petits importateurs.
Calendrier : du « stop-the-clock » à l’adoption
Le processus s’est déroulé en deux temps. En avril 2025, une directive dite « stop-the-clock » a d’abord reporté les échéances d’application des textes concernés. Le paquet de fond a ensuite fait l’objet d’un accord en décembre 2025, d’une adoption par le Parlement européen le 16 décembre 2025, puis par le Conseil le 24 février 2026. Publié au Journal officiel de l’UE le 26 février 2026, l’Omnibus I est entré en vigueur le 18 mars 2026.
Simplification ou recul ? un texte débattu
L’Omnibus divise. Ses partisans y voient un allègement nécessaire d’une charge jugée excessive, notamment pour les PME et les ETI, et un gage de compétitivité face aux concurrents non européens. Ses détracteurs - de nombreuses ONG, mais aussi une partie des investisseurs - estiment qu’il affaiblit des avancées récentes, réduit la transparence et la comparabilité des données, et fragilise la portée du devoir de vigilance. Le texte illustre la tension entre exigence de durabilité et préoccupation de compétitivité.
Omnibus et achats
Moins d’entreprises sont désormais directement assujetties, mais les grands donneurs d’ordre le restent et continuent de solliciter leurs fournisseurs. Le recentrage de la CS3D sur les fournisseurs directs (rang 1) déplace l’attention de l’acheteur vers ce premier cercle. Une protection est par ailleurs prévue pour les petits fournisseurs : une grande entreprise ne peut exiger d’eux davantage d’informations que ce que prévoit le standard volontaire VSME. Intégrer ces évolutions à la stratégie d’achats permet d’ajuster les exigences au juste niveau.