RSE
RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) désigne l'intégration volontaire des enjeux sociaux et environnementaux dans l'activité de l'entreprise et ses relations avec ses parties prenantes.
Définition
La RSE désigne la prise en compte volontaire par les entreprises des enjeux sociaux, environnementaux et économiques dans leurs activités et leurs relations avec leurs parties prenantes. Encore appelée responsabilité sociale des entreprises ou Corporate Social Responsibility (CSR) dans la littérature anglophone, elle traduit une évolution profonde du rôle attribué à l’entreprise : ne plus se limiter à produire des biens ou des services rentables, mais répondre aussi de ses impacts.
Longtemps considérée comme une démarche éthique volontaire, la RSE est devenue un pilier de la stratégie des organisations. Sous l’effet conjugué des attentes des consommateurs, des salariés et des investisseurs, et d’un cadre réglementaire renforcé en France et en Europe, elle structure aujourd’hui des fonctions entières de l’entreprise - dont les achats, qui en constituent l’un des principaux leviers d’action.
Origines et concept
Le concept de RSE apparaît aux États-Unis dans les années 1950 puis se diffuse en Europe à partir des années 1990. Le Livre vert de la Commission européenne (2001) (nouvelle fenêtre) en donne la définition de référence : « l’intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et à leurs relations avec les parties prenantes ». La norme ISO 26000, publiée en 2010, en constitue depuis le cadre méthodologique international. La RSE s’applique à toutes les organisations, y compris les administrations, les collectivités et les associations, qui parlent alors plus largement de responsabilité sociétale.
Les 7 questions centrales (ISO 26000)
L’ISO 26000 structure la RSE autour de sept questions centrales qu’une démarche complète doit toutes aborder : la gouvernance de l’organisation, les droits de l’homme, les relations et conditions de travail, l’environnement, la loyauté des pratiques, les questions relatives aux consommateurs et les communautés et le développement local. Cette structuration aide à couvrir tous les enjeux sans en oublier : la RSE ne se résume ni à l’environnement ni au social pris isolément, elle embrasse l’ensemble des impacts de l’organisation.
Cadre légal en France et en Europe
Si la RSE est restée longtemps volontaire, elle s’est progressivement inscrite dans le droit. En France, la loi PACTE du 22 mai 2019 a inscrit dans le Code civil la prise en considération des enjeux sociaux et environnementaux dans la gestion de toute société, et ouvert la possibilité de se doter d’une raison d’être statutaire. Au niveau européen, la directive CSRD adoptée en 2022 impose aux grandes entreprises un reporting détaillé sur leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance, selon des normes harmonisées (ESRS). La RSE bascule ainsi, pour une part croissante des organisations, d’une démarche volontaire à une obligation réglementaire.
Comment structurer une démarche RSE
Structurer une démarche RSE consiste à passer d’engagements généraux à un plan d’action mesurable. La première étape est de s’informer sur les enjeux et le cadre applicable. Vient ensuite la définition d’une stratégie : cartographie des enjeux prioritaires, dialogue avec les parties prenantes, objectifs chiffrés. Le déploiement passe par la mobilisation des collaborateurs et par l’engagement des fournisseurs , qui représentent souvent la majorité des impacts indirects de l’organisation. Enfin, le pilotage continu permet de mesurer les résultats, d’ajuster les actions et de rendre compte publiquement.
Labels et certifications
L’ISO 26000 n’étant pas certifiable, plusieurs labels et démarches d’évaluation ont émergé pour permettre aux organisations de faire reconnaître leur engagement. En France, le label Lucie 26000 (créé en 2009) et la démarche Engagé RSE de l’AFNOR évaluent les pratiques sur la base de l’ISO 26000. À l’international, la certification B Corp s’est largement diffusée, en particulier auprès des entreprises à mission. Pour la chaîne d’approvisionnement, la notation EcoVadis s’est imposée comme un standard de fait dans les relations donneurs d’ordre / fournisseurs.
RSE et achats responsables
Les achats sont un levier majeur de la RSE : selon les secteurs, ils représentent 50 à 80 % des émissions de gaz à effet de serre d’une organisation et concentrent l’essentiel de ses risques sociaux (droits humains, conditions de travail dans la chaîne d’approvisionnement). Les achats responsables sont donc la traduction opérationnelle de la RSE dans la fonction achats. Ils s’appuient sur la norme ISO 20400 , publiée en 2017, qui décline les principes de l’ISO 26000 à l’ensemble du cycle d’achat, de l’expression du besoin à la gestion des contrats. Intégrer la RSE aux achats permet à la fois de couvrir les risques de la chaîne d’approvisionnement et de soutenir des modèles économiques plus durables.