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Scope 3

Scope 3 désigne, dans un bilan carbone, l'ensemble des émissions indirectes de gaz à effet de serre générées le long de la chaîne de valeur d'une entreprise, en amont et en aval.

Définition

Le Scope 3 - aussi appelé « émissions de la chaîne de valeur » ou « scope 3 GES » - désigne, dans un bilan carbone, l’ensemble des émissions indirectes de gaz à effet de serre (GES) générées tout au long de la chaîne de valeur d’une organisation, en amont (approvisionnements) comme en aval (usage et fin de vie des produits). Il complète les Scopes 1 et 2, qui couvrent les émissions plus directement maîtrisées par l’entreprise.

C’est de loin le périmètre le plus vaste : le Scope 3 représente en moyenne près de 75 % de l’empreinte d’une organisation, et dépasse 90 % dans de nombreux secteurs. Pour la fonction achats, ce constat est décisif : la majeure partie de l’empreinte d’une entreprise ne se trouve pas dans ses murs, mais chez ses fournisseurs. Agir sur le Scope 3, c’est donc largement agir sur ses achats .

Scope 1, 2 et 3 : les trois périmètres du bilan carbone

Un bilan carbone distingue trois périmètres. Le Scope 1 regroupe les émissions directes, issues des sources que l’entreprise possède ou contrôle : combustion sur site, flotte de véhicules. Le Scope 2 couvre les émissions indirectes liées à l’énergie achetée et consommée - électricité, chaleur, vapeur. Le Scope 3 rassemble toutes les autres émissions indirectes, en amont et en aval, qui échappent au contrôle direct de l’organisation mais découlent de ses activités.

Les 15 catégories du Scope 3

Le GHG Protocol, référentiel international de comptabilité carbone, découpe le Scope 3 en 15 catégories : huit en amont, sept en aval. En amont figurent notamment les biens et services achetés, les immobilisations, le transport de marchandises, les déchets, les déplacements professionnels et les trajets domicile-travail. En aval, on trouve le transport de distribution, la transformation et l’utilisation des produits vendus, ainsi que leur fin de vie. Toutes les catégories ne sont pas pertinentes pour toutes les organisations : l’enjeu est d’identifier les postes significatifs.

Pourquoi le Scope 3 est le plus important - et le plus difficile

Le paradoxe du Scope 3 est qu’il concentre l’essentiel des émissions tout en étant le plus difficile à mesurer et à réduire. Difficile à mesurer, car il dépend de données détenues par des tiers (fournisseurs, clients) que l’entreprise ne maîtrise pas. En l’absence de données primaires, on recourt à des facteurs d’émission moyens, comme ceux de la Base Empreinte de l’ADEME, au prix d’une précision moindre. Difficile à réduire, car la décarbonation passe par l’action coordonnée de toute une chaîne d’acteurs.

Cadre réglementaire et mesure

En France, le bilan d’émissions de GES (BEGES) est obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés et certaines personnes publiques. Le décret du 1ᵉʳ juillet 2022 a marqué un tournant : depuis 2023, les émissions significatives du Scope 3 doivent y figurer, alors qu’elles étaient auparavant facultatives. Les bilans se publient sur la plateforme bilans-ges.ademe.fr. Au niveau européen, la CSRD et le standard climatique ESRS E1 imposent également la publication des émissions de Scope 3.

Scope 3 et achats

Pour la plupart des organisations, la catégorie « biens et services achetés » constitue le premier poste d’émissions du Scope 3. La fonction achats devient ainsi le principal levier de décarbonation. Concrètement, cela passe par la collecte de données carbone auprès des fournisseurs, l’intégration de critères climatiques dans la sélection, le raisonnement en coût du cycle de vie plutôt qu’en prix d’achat, et le dialogue avec les fournisseurs pour réduire leurs propres émissions. C’est un axe central de l’engagement des fournisseurs .

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